lundi 30 novembre 2009

Puntos Corazón

Ce billet sera sans doute le dernier avant notre retour définitif (prévu le 21 décembre). Comme toujours, il relate une visite marquante.

Le Chili possède encore bien des richesses qu'il nous reste à découvrir; un jour, peut-être en aurons nous la chance. Cependant, comme l'écrivait Jean Bodin (1530-1596), il n'est de richesses que d'hommes. Cet aphorisme, d'une époque où cette richesse se mesurait en nombre de bras (agriculture, exploitation, etc.), semble encore plus vrai aujourd'hui que les échanges humains sont omniprésents et de toutes formes. Dans ce grand maelström intercontinental, où bien des gens se côtoient sans prendre le temps de se connaître, nous fut offert l'opportunité d'une rencontre, la promesse d'une amitié sincère, celle de nos-amis-de-Point-Coeur-Chili (n'hésitez pas à cliquer ce lien et soutenez !). Volontaires présents au côté des plus pauvres à Santiago et Valparaiso, ils tentent de (re)mettre l'homme au centre de toute préoccupation, notamment dans des familles fortement éprouvées par ce que, un peu hâtivement, on nomme "la vie".

Symbole de ce don pris sur l'indigence (on reconnaîtra la source), nous avons eu le privilège d'être les hôtes de la maison de Valparaiso (Playa Ancha, Porvenir Bajo, Calle 7, Casa 15) pour une journée, avec le groupe de jeunes français qui ont égayé nos réunions mensuelles. C'est une petite maison jaune adossée à la colline, surplombant le Pacifique, on y vient en metro ou en micro, on est venu s'asseoir autour de la table pour partager un repas, peuplée de lumière et peuplée de sages amis-des-enfants (pour paraphraser...). Après une partie de fútbol endiablée, un comble!, (Fernando est à coup sur le futur libero de Colo-Colo) et un rosaire, suivra une visite de quelques familles et personnes de ce quartier défavorisé. Comme souvent, la misère est plutôt discrète (quand les habitations sont "en dur") mais palpable. Néanmoins, la détresse se lit dans les visages et l'on peut deviner (d'autant mieux que les amis des enfants nous glissent quelques clés d'interprétation) quelles blessures se cachent dans ce quartier.
Inutile de dire combien cette expérience fut édifiante pour les privilégiés que nous sommes!

Ainsi s'achève notre séjour chilien, enchanteur mais forcément empreint d'un brin de nostalgie. Il vous faudra attendre notre retour pour écouter le récit détaillé de nos aventures...

Puntos Corazón

mardi 4 août 2009

Le sens de la visite

En juillet, les musées tu courras et la cohue tu éviteras.

Forts de ce dicton (inventé de toutes pièces pour les besoins de ce billet), nous décidâmes d'entreprendre la visite des nombreux (petits) musées que comptent Santiago et Valparaiso, en cette période hivernale propice à l'enrichissement culturel. La visite de Claire fut un prétexte idéal pour ces escapades diurnes. Nous avons ainsi passé une agréable journée à Valparaiso (sous un ciel couvert, hélas) au cours de laquelles nous visitâmes la Sebastiana du célèbre poète chilien, Pablo Neruda. Véritable folie d'architecte, cette demeure offre une vue incomparable (la plus belle, dit-on) sur la baie de Valparaiso et invite à de lointains voyages avec ses nombreux souvenirs accumulés par le poète et sa femme. Nous avons aussi testé les nombreux funiculaires ou ascensores (dont le fameux Espiritu Santo inauguré en 1911 et qui, dit-on encore, élève corps et esprit en une vingtaine de secondes sur le cerro Bellavista, le bien nommé) qui permettent d'accéder aux quelques 40 collines dominant la baie.
Valparaiso

S'il est un musée ludique et instructif parmi tous, c'est le Museo Interactivo Mirador de Santiago. Il suffit de regarder les photos ci-dessous pour mesurer le plaisir que nous avons pris à le (re)visiter. Nous avons vite retrouvé nos âmes d'enfants pour participer aux nombreuses animations proposées (certaines voulurent même s'essayer à jouer du piano en chaussettes, mais un "désolé mesdemoiselles, ce jeu est réservé aux enfants de 5 ans ou moins" est venu ruiner leurs légitimes ambitions artistiques.. maudits cerbères sans cœur). Pas grave, même pas mal ! Grâce au giroscope humain et aux bulles de savon géantes, les choses sont rapidement rentrées dans l'ordre et les scientifiques en herbe se sont rapidement fait mousser. Si l'heure de clôture n'avait pas malencontreusement sonné, nous y serions sans doute encore, la tête plongée au dessus d'une vitrine, ignorants du temps qui passe... dans une tentative de nous abstraire de cette fatalité qui nous guette:
"Plus je vieillis et plus je croîs en ignorance" (Ph. Jaccottet, l'Ignorant).
Museo Interactivo Mirador

Mais nous n'avons pas négligé pour autant les joies physiques durant ce mois (Mens sana in corpore sano, juvéniles que nous sommes restés!): 2 journées au ski à la Parva pour parfaire style et bronzage. La photo ci-contre atteste de la forme quasi-olympique des participants!

mardi 14 juillet 2009

San Pedro de Atacama

Vacances d'hiver sur l'altiplano de Atacama...

Nous voici de retour de ce qui fut et restera certainement notre plus belle escapade en terre andine, la région de San Pedro de Atacama. Si le désert qui ceint ce village-oasis est connu pour être le plus aride du monde (à certains endroits, il n'a pas plu depuis l'apparition de l'homme...), il offre néanmoins des paysages à couper le souffle (l'altitude aidant) des occidentaux que nous sommes. Merveilleuse semaine que celle passée à explorer des lieux aux noms évocateurs, Valle de la Luna, Valle de la Muerte, geysers del Tatio, le salar d'Atacama ou encore le hameau de Machuca perdu au milieu de nulle part, à plus de 4200 m d'altitude, et sa soixantaine d'âmes qui vivent de l'exploitation du lama (délicieux en brochettes...).

Pour vous tenir en haleine, voici le résumé illustré des activités de cette semaine:

jour 1: visite du village-oasis de Toconao (église) à 48km de San Pedro, qui a abrité une communauté pré-hispanique et vit encore de l'exploitation de la pierre vocanique blanche liparita. Le petit canyon Jere baigné d'une rivière d'eau douce, permet la culture d'arbres fruitiers. Destination les lagunes altiplaniques de Miscanti et Méñiques à près de 4000 m d'altitude. Le bleu des lacs le disputait à l'azur d'un ciel sans nuage, une vision de rêve sous le regard presque indifférent des quelques vigognes présentes. Arrêt à la réserve naturelle los Flamencos pour y observer ces drôles de volatiles au coeur du salar d'Atacama, dominé par la majesté du Licancabur (5916m) au profil d'une parfaite symétrie. Au retour, arrêt au hameau de Socaire pour y déguster des spécialités locales et notamment de délicieuses pommes de terres violettes!
SanPedro de Atacama, jour 1

jour 2: matinée équestre en direction des Paso de los Toros et de la Valle de la Muerte. Cinq heures à dos de cheval sur les chemins escarpés des Andes, pas mal pour les apprentis explorateurs ! Un excellent moyen d'apprécier la beauté aride des paysages andins aux crêtes si découpées. Après-midi de détente pour visiter San Pedro et se remettre des émotions.
San Pedro de Atacama, jour 2

jour 3: journée archéologique sur les sites de Pukara de Quitor et de Tulor. Nous y avons apprécié la forteresse pré incaïque à flanc de colline pour protéger la cité de San Pedro des nombreuses attaques dont elle fut l'objet, et notamment des envahisseurs espagnols cuirassés et à dos de chevaux. En fin d'après-midi, nous sommes allés assister au coucher du soleil dans la Valle de la Luna. Une féérie de couleurs sur les reliefs accidentés de la cordillère de sel, sculptés par l'érosion post-glaciaire (Patrizio, notre guide érudit et passionné, nous a longuement expliqué la formation de ces structures géologiques).
San Pedro de Atacama, jour 3

jour 4: une matinée de détente aux thermes de Puritama pour profiter d'un bain à 35deg dans un cadre naturel unique. Après-midi sportive avec initiation et pratique du sandboard dans la Vallee de la Muerte. Amusant de dévaler les pentes ensablées, mais épuisant de remonter les dunes... Nul besoin de berceuse pour rejoindre les bras de Morphée à la nuit tombée.
San Pedro de Atacama, jour 4

jour 5: départ à 4h30 pour rejoindre le site des geysers del Tatio et assister au lever du soleil sur un site grandiose à plus de 4200m. La magie de ces jets de vapeur culminant à 6 m de hauteur dans le petit matin andin a largement fait oublier la difficulté du réveil matinal. Visite du hameau de Machuca au retour et dégustation de brochettes de viande de lama. Les 40 habitants vivent de l'exploitation d'un cheptel de 600 lamas...
San Pedro de Atacama, jour 5

jour 6: fin du séjour. Visite de la mine de cuivre de Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert du monde (cratère de 1km de profond, 4500km de large). L'occasion de réviser les superlatifs au passage de ces camions de 350 tonnes de chargement, aux pelleteuses au godet de 20 tonnes. Retour de nuit sur Santiago avec des souvenirs plein les yeux pour les quelques mois qui nous restent à vivre au Chili.
San Pedro de Atacama, jour 6

Une semaine bien remplie !

samedi 4 avril 2009

Le cours de la vie

Ces derniers mois, le rythme de nos billets d'information s'était singulièrement ralenti, voire arrêté aux dires de certains lecteurs assidus. Renouons donc le fil de cet écheveau dont les extrémités s'enracinent dans deux continents. Voici donc une rapide chronologie des derniers épisodes de la saga du bout du monde.

janvier: petite randonnée familiale au bout du monde local, au glacier du Cajon del Maipo. Très agréable ascension dans un parc naturel, qui débouche sur un petit lac de montagne au pied du glacier. Les petits oiseaux locaux, guère farouches, ont partagé notre collation.

février-mars: début de la série anniversaires (la saison se clôt fin mars ici). Peu de choses à dire, si ce n'est que la crise économique semble rattraper le sud du continent, le rythme des constructions immobilières se ralentit... En mars, deux événements d'importance: la rentrée des classes et la visite de l'aïeul français (!) qui donna lieu à de nouvelles pérégrinations (San Cristobal, Valparaiso, etc.). Mars s'acheva en apothéose (on ne saurait trouver meilleur substantif) avec la visite au sanctuaire de la Sainte du Chili: Teresita de Los Andes. Notez sur les photos (au fond...) la présence majestueuse de l'Aconcagua, colosse des Amériques et ses 6962 m.

A bientôt..

divers

lundi 19 janvier 2009

Histoires de vacances

Un séjour enchanteur dans ce pays aux mille visages.

Nous voici de retour de deux semaines de dépaysement dans le sud du Chili. Pas le grand Sud de la Patagonie et des terres australes, décidément trop lointains, mais la région d'Araucanie à quelques mille kms de Santiago.
Nous sommes restés à Pucon une semaine, le temps de randonner dans le parc Huerquehue, de gravir le volcan actif Villarica (2840m), de goûter au lac Villarica et de nous exercer à la tyrolienne (non, pas le chant autrichien mais la descente le long d'un cable tendu...). Ensuite descente vers la cité de Puerto Montt et visite de l'île de Chiloé au charme d'antan, vantée pour ses églises de bois classées au patrimoine de l'Unesco, et qui a vu naître F. Coloane. Enfin, retour sur la ville de Valdivia pour randonnées et visites.
Beaucoup de souvenirs emmagasinés et tant de choses à raconter.. mais combien difficiles à résumer dans ce court billet. Tant d'aspects différents (faune sauvage, flore, paysages, habitants...) rendent cette tâche impossible. Nous vous laissons donc savourer quelques photos glanées dans nos pérégrinations.

vacances 2009

jeudi 25 décembre 2008

¡ Felíz Navidad !

Que el espíritu de la navidad le colma de alegría y que el año venidero sea para todos los nuestros amigos pleno de felicidad y satisfacciones.

Le Noël austral est décidément bien différent de ceux que nous avions connus jadis au septentrion (et que dire d'un Noël blanc à Santiago!). Mais la magie de la nuit de Noël chantée par Th. Gautier
“Le ciel est noir, la terre est blanche
Cloches, carillonnez gaîment!
Jésus est né; la Vierge penche
Sur lui son visage charmant.“...
est partout à l'œuvre et, pour un temps (pour un tant, souhaiterions nous), la paix descend sur le monde.

Même fête, mêmes rituels. Autre latitude, mais peu de latitude dans le menu (saumon mariné à la scandinave et une dinde de 7 kilos). Même flamme dans l'œil des jeunes gens à l'ouverture des cadeaux (les chaussons n'étaient pourtant pas au pied de la cheminée...) et même lumière dans l'œil des plus anciens... (que, pastichant V.H., nous n'irons pas jusqu'à qualifier de vieillards). Mille mercis aux généreux donateurs étrangers toujours enclins à soutenir les exilés du bout du monde...

Que l'année qui s'annonce tienne ses promesses et vous comble de bienfaits !



lundi 3 novembre 2008

Parque Nacional La Campana, Olmué

En ce vendredi férié de novembre, quoi de mieux qu'une randonnée dans un magnifique parc naturel, avec nos amis français !

Ce parc, dominé par deux monts "El Roble" (2222m) et "La Campana" (1920m), est un remarquable écosystème protégé où cohabitent une flore très riche et diverses espèces animales, relativement peu abondantes.

Les plus chanceux (dont nous avons été) peuvent y admirer le renard gris d'Argentine (D. griseus), les buses bleues du Chili (Geranoaetus melanoleucus), le colibri et les moqueurs du Chili (Mimus thenca), hélas presque tous trop rapides pour nos appareils photos... La flore, en revanche, s'est largement prêtée à nos regards. Il faut signaler que ce parc est une vaste réserve de palmiers chiliens (Jubaea chilensis), espèce menacée de disparition, et de cactus.

Passez la souris sur l'entrée de la mine de quartz ci-dessous et découvrez à notre suite quelques-unes des merveilles de ce parc naturel.
La Campana